đŸ›ïž Quand la mode prend un coup de crypto – Retour sur la cyberattaque (pas si chic) de Marks & Spencer

« Marks & Spencer: VĂȘtements impeccables, rĂ©seau informatique trouĂ© comme un vieux jean. »

Il y a des marques qui traversent les dĂ©cennies avec Ă©lĂ©gance. Et puis il y a Marks & Spencer (M&S), qui vient de traverser un mur Ă  pleine vitesse, cĂŽtĂ© cybersĂ©curitĂ©. Le 21 mai dernier, la cĂ©lĂšbre enseigne britannique a Ă©tĂ© frappĂ©e de plein fouet par un ransomware signĂ© du trĂšs mĂ©diatique groupe DragonForce. RĂ©sultat ? Vente en ligne Ă  l’arrĂȘt, direction informatique en PLS, et un joli communiquĂ© de presse aussi vide que la section lingerie aprĂšs NoĂ«l. Voir notre article du 22 mai

Mais voilĂ  que l’histoire prend une tournure encore plus croustillante : selon les derniĂšres estimations du Cyber Monitoring Centre (CMC), le coĂ»t cumulĂ© de cette petite sauterie numĂ©rique pourrait atteindre la bagatelle de 440 millions de livres sterling. Oui, quatre-cent-quarante-millions. De quoi se payer un nouveau plan cybersĂ©curitĂ©. Ou deux. Ou 73 000 pare-feux.

🐉 DragonForce, ou comment ruiner une enseigne centenaire en une journĂ©e

DragonForce, ce n’est pas seulement un groupe de metal pour ados Ă©mo
 c’est aussi une organisation cybercriminelle apparemment trĂšs au fait du calendrier commercial britannique. Cibler M&S juste avant le weekend des promotions, il fallait oser. Le genre d’humour noir qui mĂ©rite presque un BAFTA.

Le ransomware utilisĂ© ? On n’en connaĂźt pas tous les dĂ©tails, mais Ă  en juger par les dĂ©gĂąts, ce n’était pas un script de stagiaire. Ventes en ligne KO, serveurs aux abonnĂ©s absents, fichiers chiffrĂ©s plus hermĂ©tiquement que la recette du Christmas pudding. Et derriĂšre, Co-op qui prend aussi une cartouche, parce que quitte Ă  flinguer la grande distribution, autant faire un doublĂ©.

💾 440 millions, ça fait combien de cardigans bio ça ?

Le CMC n’a pas mĂąchĂ© ses mots : l’attaque est classĂ©e Ă©vĂ©nement systĂ©mique de catĂ©gorie 2. Pas un petit hack de bac Ă  sable. Non, une attaque structurellement dangereuse pour le pays, comme on aime les qualifier quand on panique un peu dans les couloirs de Westminster.

Entre les pertes d’exploitation, les coĂ»ts de rĂ©ponse Ă  incident, la reconstruction de l’IT, les campagnes de relations publiques en mode panique, et les amendes RGPD Ă  venir si les donnĂ©es clients ont vraiment fuitĂ© (spoiler : elles ont probablement fuitĂ©), on arrive facilement Ă  440 millions de livres.

Et la question se pose : comment une enseigne de cette taille a pu tomber dans un panneau aussi classique ?

🔐 MFA, segmentation rĂ©seau
 pas leur style manifestement

On aurait pu croire que, depuis 2021, toutes les grandes boĂźtes avaient compris que Â«Â sĂ©curitĂ© by design » n’était pas juste un concept de powerpoint. Mais visiblement, chez M&S, les investissements SI se sont arrĂȘtĂ©s au design
 pas Ă  la sĂ©curitĂ©.

Les MFA ? Trop complexes.

La segmentation rĂ©seau ? Quelle horreur, ça ralentit l’audit.

Les sauvegardes dĂ©connectĂ©es ? Elles sont dans un coin
 peut-ĂȘtre… sur un disque dans un placard.

Bref, une architecture Ă  l’ancienne, aussi vulnĂ©rable que le mot de passe “Mns2023!” sur un compte admin.

đŸ›Ąïž Co-op dans la sauce aussi, mais tout le monde s’en fout

Ah oui, Co-op. Ils ont aussi Ă©tĂ© attaquĂ©s. Mais comme ils ne vendent pas de tailleurs Ă  la mode, personne n’en parle. Pourtant, mĂȘme punition, mĂȘme racket, mĂȘmes erreurs. Et probablement, mĂȘmes consultants en cybersĂ©curitĂ© qu’on appelle aprĂšs la fuite, jamais avant. On imagine dĂ©jĂ  le call Teams du lundi matin :

— “Bonjour, on a un souci.”
— “Vous avez un backup ?”
— “C’est quoi, un backup ?”

🧠 Et maintenant, on fait quoi ?

M&S va sans doute annoncer un grand plan de transformation numĂ©rique 2.0 avec blockchain et IA dedans, parce que c’est dans l’air du temps. On posera trois questions au RSSI Ă  la prochaine rĂ©union, puis on retournera s’extasier sur les campagnes de pub de NoĂ«l. La seule chose qui changera vraiment, c’est qu’un budget cybersĂ©curitĂ© va tripler
 trop tard.

Quant aux clients ? Leurs donnĂ©es sont probablement dĂ©jĂ  en train de tourner sur un forum obscur, entre deux bases de chez British Airways et Ticketmaster. Mais ne vous inquiĂ©tez pas : ils ont eu droit Ă  un mail de 17 lignes leur expliquant que M&S prend la sĂ©curitĂ© “trĂšs au sĂ©rieux.”


🎯 En rĂ©sumĂ© :

  • 🐉 DragonForce 1 — M&S 0
  • 💰 Jusqu’à 440 MÂŁ de dĂ©gĂąts
  • đŸ§» Une sĂ©curitĂ© aussi fine que du papier toilette
  • 📉 Une image Ă©cornĂ©e plus vite qu’un pull en cachemire en machine
  • đŸ€Ą Et toujours pas de MFA gĂ©nĂ©ralisĂ© en 2025

Moralité ?

Vous vendez des fringues, pas des firewalls. Mais si vous oubliez que le retail est une cible dorée, préparez-vous à défiler sur le catwalk
 du cyberdrame.

đŸ›ïž Quand la mode prend un coup de crypto – Retour sur la cyberattaque (pas si chic) de Marks & Spencer
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