đŸ›Ąïž Cyberattaques : “beaucoup de bluff” selon l’ANSSI
 ou comment compter les fuites comme les manifestants

Le directeur de l’ANSSI explique que beaucoup de vols de donnĂ©es seraient exagĂ©rĂ©s ou recyclĂ©s par les cybercriminels. C’est parfois vrai.
Mais Ă  force d’incidents confirmĂ©s ces derniers mois — fĂ©dĂ©rations, administrations, grandes entreprises — ce discours sonne un peu comme un problĂšme de comptage façon manif : version police vs version syndicats.

Et pendant qu’on dĂ©bat des statistiques

les donnĂ©es, elles, sont dĂ©jĂ  en vente sur les forums underground.

La cybersĂ©curitĂ© ressemble de plus en plus à Don’t Look Up.
La seule diffĂ©rence, c’est que la comĂšte est dĂ©jĂ  tombĂ©e
 et qu’on continue encore Ă  compter les fragments.


🧠 Le “bluff” des pirates : une rĂ©alité  mais pas toute l’histoire

Lors de la publication du Panorama de la cybermenace 2025, le directeur de Vincent Strubel a expliquĂ© qu’il existait beaucoup de bluff dans les revendications de fuites de donnĂ©es.

Les chiffres évoqués :

  • 1 366 incidents cyber traitĂ©s
  • 460 signalements de fuites
  • 196 incidents confirmĂ©s
  • 80 rĂ©ellement vĂ©rifiĂ©s

Conclusion avancée :
👉 prĂšs de 60 % des revendications seraient exagĂ©rĂ©es ou trompeuses.

Et sur le principe
 il a raison.

Dans l’écosystĂšme ransomware, les attaquants ont longtemps utilisĂ© une technique simple :

  • gonfler les volumes
  • recycler des bases anciennes
  • publier quelques Ă©chantillons
  • faire croire Ă  un dĂ©sastre absolu

Objectif : faire paniquer la victime et obtenir la rançon.

Jusque-lĂ , rien de nouveau sous le soleil.


đŸ’„ Sauf qu’en ce moment
 les fuites sont bien rĂ©elles

Le problĂšme, c’est que le contexte actuel ne ressemble plus vraiment Ă  celui d’il y a cinq ans.

Ces derniers mois, les incidents se sont accumulés.

On a vu passer des affaires touchant notamment :

  • FICOBA
  • Cegedim
  • ANTS
  • le MinistĂšre de l’IntĂ©rieur
  • plusieurs fĂ©dĂ©rations sportives et associations
  • des enseignes comme Auchan

Et dans plusieurs cas, le scĂ©nario est toujours le mĂȘme :

1ïžâƒŁ fuite rĂ©vĂ©lĂ©e sur un forum
2ïžâƒŁ dĂ©menti ou prudence officielle
3ïžâƒŁ confirmation quelques jours ou semaines plus tard

Autrement dit :

Le bluff existe
 mais les fuites aussi. Et parfois massivement.


📊 Le problùme du comptage (version cyber)

LĂ  oĂč la phrase peut faire grincer des dents, c’est sur la question des statistiques.

Parce que le comptage des incidents cyber ressemble de plus en plus Ă  celui des manifestations :

VersionComptage
version officielleincidents confirmés
version terrainincidents observés
version piratesincidents revendiqués

Résultat :

👉 trois rĂ©alitĂ©s diffĂ©rentes.

Et parfois l’écart est
 spectaculaire.


💰 Nouveau modĂšle criminel : vendre directement les donnĂ©es

Mais il y a surtout un changement majeur dans l’économie de la cybercriminalitĂ©.

Pendant longtemps, la stratégie dominante était :

Ransomware + double extorsion

  1. vol de données
  2. menace de publication
  3. rançon

Aujourd’hui, un autre modùle gagne du terrain :

👉 vol + revente directe

Plus besoin de négocier.

Les données sont simplement mises sur le marché.


đŸ•”ïž Le cas HEXDEX

Un exemple qui circule beaucoup dans les milieux cyber français ces derniers mois : HEXDEX, « l’homme au chapeau »

Contrairement à certains groupes ransomware internationaux, ce pirate français s’est fait remarquer par une approche trùs simple :

  • intrusion
  • extraction
  • mise en vente immĂ©diate des donnĂ©es

Sans forcément passer par la phase classique de négociation.

A lire :  Synlab France piratĂ© ? 161 Go de donnĂ©es de santĂ© dans la nature
 et toujours le mĂȘme film 

Le personnage a mĂȘme Ă©té interviewĂ© dans certains mĂ©dias spĂ©cialisĂ©s.

Présentation de HEXDEX, son dernier acte de piraterie, SYNLAB

Autrement dit :

Le modĂšle du bluff devient secondaire.

Quand les données sont directement mises en vente,
la preuve est dans le catalogue.


🧹 Le vrai problùme : la banalisation des fuites

Ce qui inquiùte le plus aujourd’hui, ce n’est pas le bluff.

C’est la banalisation du phĂ©nomĂšne.

Des bases de données circulent désormais :

  • sur des forums
  • sur Telegram
  • sur des marketplaces cybercriminelles
  • parfois mĂȘme sur des plateformes semi-publiques

Et une fois sorties :

👉 elles ne disparaissent plus jamais.

Elles sont revendues, recroisées, enrichies.

Pendant des années.


🎯 Le vrai sujet : la fuite permanente

La question n’est donc plus seulement :

“Les pirates bluffent-ils ?”

La vraie question devient :

Combien de données circulent déjà hors de contrÎle ?

Et la réponse est probablement :

beaucoup plus que ce que les statistiques officielles peuvent mesurer.


🧠 Mon sentiment (et oui, petite dĂ©ception)

Soyons honnĂȘtes.

Quand on voit la succession d’incidents rĂ©cents, on pourrait s’attendre à un discours un peu plus alarmiste ou du moins impliqué de la part des autoritĂ©s.

Pas forcément catastrophiste.

Mais au moins lucide sur l’ampleur du phĂ©nomĂšne.

Parce que sur le terrain :

  • les intrusions augmentent
  • les donnĂ©es sortent plus vite
  • la revente se professionnalise

Et pendant qu’on dĂ©bat de savoir si les pirates bluffent


👉 les bases de donnĂ©es continuent de circuler.


đŸ§Ÿ Conclusion

Oui, les cybercriminels bluffent parfois.

Mais aujourd’hui, beaucoup ne bluffent plus du tout.

Ils volent les données.
Ils les empaquettent.
Et ils les vendent.

Le tout avec une efficacité presque industrielle.

Et pendant ce temps, le débat ressemble parfois à une vieille scÚne bien connue :

Combien étaient-ils ?

Version police.
Version syndicats.

Sauf que là, au milieu

ce sont nos données personnelles.

đŸ›Ąïž Cyberattaques : “beaucoup de bluff” selon l’ANSSI
 ou comment compter les fuites comme les manifestants
Partager cet article : Twitter LinkedIn WhatsApp

đŸ–‹ïž PubliĂ© sur SecuSlice.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut