🧹 AV/EDR Killer – Un « tueur d’EDR » mis en vente sur un forum russophone

RepĂ©rĂ© dans un espace pirate russophone, ce « AV/EDR Killer Â» est proposĂ© comme une solution clĂ© en main pour dĂ©sactiver ou supprimer des protections endpoint largement dĂ©ployĂ©es. Et le discours commercial est limpide : efficacitĂ©, discrĂ©tion
 et pilote signĂ© Microsoft.

Quand la sécurité endpoint devient une option
 payante

Le monde de la cybercriminalitĂ© adore les concepts simples. AprĂšs les ransomware-as-a-service, les initial access brokers et les kits de phishing prĂȘts Ă  l’emploi, voici une nouvelle offre qui s’attaque directement au cƓur des dĂ©fenses d’entreprise : un outil prĂ©sentĂ© comme capable de neutraliser antivirus et EDR majeurs, vendu comme un produit presque banal.

Oui, rien que ça.


đŸ›ïž Un malware prĂ©sentĂ© comme un produit « premium »

L’annonce ne cherche pas Ă  faire dans la dentelle. Elle adopte un ton quasi industriel, comme une fiche produit destinĂ©e Ă  un service achats version cybercrime. L’outil est annoncĂ© comme compatible avec plusieurs solutions de sĂ©curitĂ© d’entreprise parmi les plus rĂ©pandues :

  • SentinelOne
  • Microsoft Defender for Endpoint
  • Sophos
  • ESET
  • Trend Micro
  • Avast
  • Avira

Ce choix n’est Ă©videmment pas innocent. Il cible des solutions trĂšs prĂ©sentes dans les SOC, souvent dĂ©ployĂ©es Ă  grande Ă©chelle, et supposĂ©es empĂȘcher prĂ©cisĂ©ment ce type d’attaque. Le message est clair : ce qui est censĂ© vous protĂ©ger peut ĂȘtre neutralisĂ©.


đŸ§© Le cƓur de la promesse : un pilote « signĂ© Microsoft »

L’argument central du vendeur repose sur un Ă©lĂ©ment clĂ© : la prĂ©sence d’un driver signĂ© Microsoft, datĂ© de 2025. Pour un attaquant, c’est le Graal.

Un pilote signé :

  • bĂ©nĂ©ficie d’un niveau de confiance Ă©levé cĂŽtĂ© systĂšme,
  • peut interagir Ă  bas niveau avec l’OS,
  • complique fortement la dĂ©tection comportementale,
  • et rend l’analyse forensique plus dĂ©licate.

En clair, si la promesse est tenue, l’outil ne se contente pas d’éteindre des alertes : il coupe la lumiĂšre Ă  la source. Le vendeur affirme fournir le code, un builder pour gĂ©nĂ©rer des variantes, et des preuves de fonctionnement contre les solutions citĂ©es. Sans validation indĂ©pendante, Ă©videmment
 mais suffisamment crĂ©dible pour sĂ©duire une clientĂšle malveillante en quĂȘte de fiabilitĂ©.


💾 Un prix qui en dit long sur la cible

L’outil est vendu 3 000 dollars (environ 2 700 €), avec prise de contact via TOX, une messagerie chiffrĂ©e largement utilisĂ©e dans les cercles clandestins.

Ce tarif n’est pas destinĂ© au script kiddie du dimanche. Il vise :

  • des opĂ©rateurs de ransomware,
  • des groupes organisĂ©s,
  • ou des acteurs cherchant Ă  industrialiser leurs intrusions.

Autrement dit, ceux pour qui dĂ©sactiver l’EDR n’est pas un bonus, mais une Ă©tape clĂ© du plan d’attaque.


đŸ”„ Pourquoi ce type d’outil est rĂ©ellement critique

Dans une attaque moderne, tant que l’EDR est actif, l’attaquant avance Ă  pas feutrĂ©s. Chaque action est un risque : un appel API suspect, une Ă©lĂ©vation de privilĂšge mal maĂźtrisĂ©e, une persistance trop bruyante.

Mais le jour oĂč l’endpoint est aveuglĂ©, tout change :

  • les mouvements latĂ©raux s’accĂ©lĂšrent,
  • les outils offensifs se multiplient,
  • la persistance devient durable,
  • et l’attaque passe de « discrĂšte » à industrielle.

C’est pour cette raison que les « AV/EDR killers » sont rĂ©guliĂšrement associĂ©s aux Ă©cosystĂšmes ransomware, mĂȘme s’ils ne sont pas toujours dĂ©veloppĂ©s par les groupes eux-mĂȘmes.


🧠 Ce que cet Ă©pisode nous rappelle (encore)

Aussi sophistiquĂ© soit-il, un EDR n’est pas une armure magique. Ce type d’annonce rappelle plusieurs rĂ©alitĂ©s parfois inconfortables :

  • la confiance accordĂ©e aux composants signĂ©s peut ĂȘtre exploitĂ©e,
  • la dĂ©fense endpoint seule ne suffit pas,
  • la supervision rĂ©seau, la journalisation centralisĂ©e et les contrĂŽles d’intĂ©gritĂ© restent essentiels,
  • et la dĂ©tection repose autant sur l’architecture que sur l’outil.

Autrement dit : acheter un EDR ne dispense pas de penser sĂ©curitĂ©.


đŸ›Ąïž Bienveillance obligatoire, panique inutile

Faut-il paniquer ? Non.
Faut-il ignorer ce type d’information ? Encore moins.

Ce genre d’offre montre surtout que la sĂ©curitĂ© est devenue un marchĂ©, y compris cĂŽtĂ© attaquant. À nous, dĂ©fenseurs, de continuer Ă  Ă©lever le niveau, diversifier les couches de protection et surtout
 ne jamais considĂ©rer qu’un outil, aussi cher soit-il, fait le travail Ă  lui seul.

La cybersĂ©curitĂ© n’est pas un produit.
C’est un systĂšme, une discipline, et parfois un sport de combat.

Et visiblement, certains ont dĂ©cidĂ© de vendre les gants. đŸ„Š

🧹 AV/EDR Killer – Un « tueur d’EDR » mis en vente sur un forum russophone
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đŸ–‹ïž PubliĂ© sur SecuSlice.com

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