PrompLock – Depuis quelques mois, un nouveau mot-clĂ© affole LinkedIn, les confĂ©rences cybersĂ©curitĂ© et certains articles un peu trop enthousiastes : ransomware dopĂ© Ă lâIA.
Dernier Ă©pouvantail en date : PromptLock, prĂ©sentĂ© comme le premier ransomware alimentĂ© par intelligence artificielle, capable de sâadapter, de se réécrire et â soyons honnĂȘtes â presque de penser tout seul.
Respirons.
Non, nous nâavons pas encore des virus dotĂ©s dâune conscience.
Oui, en revanche, nous assistons Ă une Ă©volution sĂ©rieuse et structurante des malwares, qui mĂ©rite bien plus quâun titre anxiogĂšne.
Cet article fait le tri entre rĂ©alitĂ© technique, capacitĂ©s rĂ©elles de PromptLock et ce que cela change concrĂštement pour la dĂ©fense des systĂšmes dâinformation.
đ§ PromptLock, câest quoi exactement ?
PromptLock nâest pas un ransomware observĂ© dans la nature, mais une preuve de concept (PoC) dĂ©veloppĂ©e par des chercheurs. Son objectif nâest pas dâextorquer des entreprises, mais de dĂ©montrer comment une IA gĂ©nĂ©rative peut ĂȘtre intĂ©grĂ©e directement dans un malware.
La différence clé avec un ransomware classique ?
đ Le code nâest plus entiĂšrement figĂ© Ă lâavance.
PromptLock embarque :
- un modÚle de langage local (exécuté hors cloud),
- un moteur capable de générer dynamiquement des scripts (Lua),
- une logique dĂ©cisionnelle simple : analyser lâenvironnement, choisir les actions, puis exĂ©cuter.
En clair : le ransomware ne contient plus toutes ses instructions en dur.
Il les produit Ă la demande, en fonction de ce quâil observe.
Rappelez-vous, on évoquait déjà il y a quelques mois ce sujet :  Quand le malware devient « intelligent »
The record en parlait aussi : New malware uses AI to adapt during attacks, report finds

đ Se réécrire, oui⊠évoluer comme une forme de vie, non
Câest ici que la narration dĂ©rape souvent.
Non, PromptLock ne âse réécrit pas tout seulâ comme un organisme vivant.
Non, il nâĂ©volue pas spontanĂ©ment.
Non, il nâa aucune autonomie dĂ©cisionnelle rĂ©elle.
Ce quâil fait rĂ©ellement est plus subtil â et plus inquiĂ©tant Ă long terme :
âïž GĂ©nĂ©rer des scripts diffĂ©rents Ă chaque exĂ©cution
âïž Modifier la forme du code sans changer le fond
âïž Rendre les signatures statiques obsolĂštes
âïž Adapter lĂ©gĂšrement son comportement selon le contexte
On parle donc de mutation contrĂŽlĂ©e, pas dâĂ©volution biologique.
Le malware reste entiÚrement piloté par des rÚgles humaines, simplement déléguées à une IA.
đ§Ș Pourquoi PromptLock nâest pas (encore) une menace opĂ©rationnelle
Important Ă rappeler :
đ PromptLock nâa pas Ă©tĂ© observĂ© dans des attaques rĂ©elles.
Pourquoi ?
- Il est complexe à maintenir
- Il est lourd à exécuter
- Il introduit de nouveaux points de détection (modÚle IA local, appels systÚmes atypiques)
- Il nâapporte pas encore un avantage dĂ©cisif face aux bons EDR modernes
En cybersécurité, ce qui marche à grande échelle gagne toujours.
Et aujourdâhui, les ransomwares âclassiquesâ restent plus simples, plus rentables et plus fiables.
đš Alors pourquoi câest quand mĂȘme un vrai signal faible ?
Parce que PromptLock montre la direction, pas la destination finale.
Les enseignements sont clairs :
- Les attaquants explorent dĂ©jĂ Â lâIA embarquĂ©e, pas seulement lâIA comme outil externe
- Le futur des malwares sera moins déterministe, plus adaptatif
- La frontiĂšre entre code malveillant et logique comportementale gĂ©nĂ©rĂ©e sâamincit
Demain, un ransomware pourrait :
- changer de tactique selon lâEDR dĂ©tectĂ©,
- modifier ses routines pour éviter certains sandboxes,
- générer des scripts uniques par victime.
Pas vivant.
Mais beaucoup plus insaisissable.
đĄïž Ce que PromptLock change vraiment pour les dĂ©fenseurs
La mauvaise nouvelle :
â Les antivirus Ă signatures seules sont officiellement en PLS.
La bonne :
âïž Les EDR comportementaux restent efficaces
âïž Lâanalyse mĂ©moire, les dĂ©tections dâanomalies et la corrĂ©lation dâĂ©vĂ©nements gagnent encore en importance
âïž La sĂ©curitĂ© redevient un sujet dâarchitecture, pas de produit magique
ConcrĂštement :
- surveiller les exécutions de moteurs IA locaux,
- contrĂŽler les environnements capables dâexĂ©cuter des modĂšles,
- durcir les endpoints, pas seulement les fichiers.

đ§Ÿ Conclusion â Pas de panique, mais plus dâexcuses
PromptLock nâest ni une apocalypse numĂ©rique, ni une anecdote gadget.
Câest un prototype sĂ©rieux, un signal faible crĂ©dible, et surtout un avertissement :
le malware de demain sera moins reconnaissable, pas plus intelligent.
LâIA ne rend pas les attaques magiques.
Elle les rend plus adaptatives, plus variées, et plus difficiles à classifier automatiquement.
Et ça, pour une dĂ©fense basĂ©e sur des rĂšgles figĂ©es, câest dĂ©jĂ un problĂšme suffisant.
Pour aller plus loin :
- First known AI-powered ransomware uncovered by ESET Research
- Google sonne lâalarme en urgence : ces malwares IA peuvent muter en pleine attaque
- AI-Powered Ransomware Has Arrived With ‘PromptLock’

