âOpĂ©ration globaleâ, âdĂ©mantĂšlement massifâ, âcoopĂ©ration entre agences de renseignementâ… VoilĂ de quoi faire frĂ©mir le cybercriminel lambda. Mais avant dâimaginer les hackers russophones enchaĂźnĂ©s dans une cave de la NSA, rappelons-nous une vĂ©ritĂ© simple : ce nâest pas la fin de la sĂ©rie, câest juste un nouvel Ă©pisode. Bienvenue dans la saison 42 du cyber soap mondial.
đŹ Previously on « Infostealer & Friends »
Les services de renseignement occidentaux (on murmure FBI, NSA, Europol, un brin de GCHQ et sans doute lâombre dâun croissant au beurre français) auraient menĂ© une opĂ©ration coordonnĂ©e de dĂ©mantĂšlement visant plusieurs foyers dâinfostealers et de malwares bien connus. Au menu :
- LockBit 3.0, lâherpĂšs du ransomware, encore et toujours lĂ malgrĂ© les patchs, les arrestations et les communiquĂ©s victorieusement ambigus.
- Des attaques sur la chaĂźne NPM, ce fameux vivier dâopen-source oĂč chaque âdev fullstack JSâ contribue Ă crĂ©er un dĂ©sordre plus rapide que son cafĂ© filtre.
- Des campagnes atomiques ciblant macOS, parce que oui, les Mac ne sont plus cette forteresse invincible peuplée de hipsters.
Bref, une toile malveillante bien tissĂ©e par des groupes russophones â dont les cyber-empreintes Ă©voquent plus un festival de scripts PowerShell quâune finesse digne de lâopĂ©ra de Moscou.
đ© Un dĂ©mantĂšlement, câest bien. Une dĂ©sinfection mondiale, ce serait mieux.
Alors oui, quelques serveurs ont sautĂ©, des noms de domaine sont passĂ©s Ă la trappe, et peut-ĂȘtre mĂȘme que certains « administrateurs de forums » ont Ă©garĂ© leur clĂ© USB en partant en courant. Lexology, dans son CTIX Flash, parle dâune opĂ©ration coordonnĂ©e, une danse cybernĂ©thique oĂč les Ătats essaient de synchroniser leurs pas sur la valse du cybercrime.
Mais soyons honnĂȘtes : ces arrestations, câest un peu comme les perquisitions dans une cuisine infestĂ©e de cafards. On tape lĂ oĂč câest visible, on fait croire quâon maĂźtrise, mais derriĂšre les plinthes, ça continue de grouiller, de coder, de chiffrer, de siphonner.
đ§âđ» Pourquoi câest (encore) grave ?
- LockBit 3.0 nâest pas mort : câest un malware modulaire, dont les affiliĂ©s sont nombreux, dĂ©centralisĂ©s et remplaçables comme des cartouches de toner. En dĂ©manteler un nĆud, câest comme crever un ballon dâeau dans une inondation.
- Les attaques sur NPM montrent une nouvelle maturitĂ© des acteurs malveillants : on ne sâattaque plus Ă lâutilisateur final, mais Ă la supply chain logicielle. Une backdoor dans un package ? Boom. Des milliers dâapplis contaminĂ©es. Et personne nây voit rien, sauf 6 mois plus tard.
- macOS ciblĂ© ? Eh oui. Fini le mythe de la pomme immunisĂ©e. Les campagnes « Atom Stealer » et consorts montrent que mĂȘme les utilisateurs de Mac peuvent se faire plumer plus vite que leur dernier abonnement iCloud.
đ”ïžââïž Les Russophones : encore eux ?
On ne va pas tomber dans le piĂšge du âtous les hackers viennent de Russieâ, mais les groupes russophones ont clairement une avance logistique, technique et â disons-le â une permissivitĂ© gĂ©opolitique bien confortable. Tant quâils ne touchent pas au Kremlin, tout va bien. Le reste du monde ? Pas leur problĂšme.
Et comme toujours, quand un groupe se fait âdĂ©mantelerâ :
- Un autre reprend le flambeau.
- Les outils fuitent sur des forums.
- Les affiliĂ©s migrent vers dâautres plateformes (C2PaaS, quelquâun ?).
- Et dans 6 mois, on retrouvera les mĂȘmes signatures dans un nouveau ransomware open source amĂ©liorĂ©.
đ§ Une âguerreâ sans fin, mais trĂšs rentable
DerriĂšre ces opĂ©rations, une constante : le cybercrime reste une Ă©conomie en pleine croissance. Les Ătats peuvent jouer aux cowboys de temps en temps, mais la rĂ©alitĂ©, câest quâon affronte une industrie parallĂšle, agile, sans rĂ©glementation, et avec une R&D plus rapide que la plupart des ministĂšres.
Pendant ce temps, les PME mettent Ă jour leur antivirus trimestriellement, changent leur mot de passe une fois lâan, et continuent de cliquer sur des PDF âinternes URGENTSâ.
đż Le vrai problĂšme : câest jamais la fin
Ce dĂ©mantĂšlement ? Câest un trailer, pas une conclusion. Comme un Ă©pisode de Black Mirror oĂč tout sâarrĂȘte⊠juste avant le prochain cauchemar. Car contrairement Ă Netflix, ces sĂ©ries ne finissent jamais bien :
- Il nây a pas de bouton âskip introâ dans la cybersĂ©curitĂ©.
- Les âmĂ©chantsâ changent juste dâavatar.
- Et les âgentilsâ, eux, essayent de colmater une baignoire percĂ©e avec des moufles.
đ En rĂ©sumĂ©
LâopĂ©ration contre LockBit 3.0, les attaques NPM et les stealeurs macOS est une bonne chose. Vraiment. Mais ce nâest pas un point final. Câest une virgule, suivie dâun mot de passe fuitĂ©, dâun token API oubliĂ©, et dâun admin systĂšme fatiguĂ©.
Et toi, cher lecteur ? Toujours le mĂȘme mot de passe sur NPM, GitHub et ta messagerie ? Toujours aucune surveillance des paquets dĂ©ployĂ©s en production ? Aucun EDR sur ton MacBook âde devâ ?
Alors tu es la prochaine scĂšne de lâĂ©pisode.
