Il y a des jours oĂč lâactualitĂ© cybersĂ©curitĂ© ressemble Ă une mauvaise blague. Et puis il y a ceux oĂč elle devient une Ćuvre comique involontaire.
Cette semaine, la palme revient à la révélation fracassante : le chef de la CISA aurait utilisé ChatGPT comme aide à la rédaction.
Oui. On aura tout vu.
Respirez. Posez ce café. On va en parler calmement. Enfin⊠presque.
đ§ Alerte info : un humain utilise un outil
RĂ©sumons lâaffaire.
Un haut responsable de la cybersĂ©curitĂ© amĂ©ricaine utilise une IA gĂ©nĂ©rative pour lâaider Ă structurer des documents.
Résultat ? Articles, tweets, indignation, sous-entendus, et ce parfum si particulier de panique morale numérique.
Comme si :
- Excel nâavait jamais existĂ©,
- PowerPoint nâavait jamais tuĂ© des neurones en comitĂ©,
- Google nâavait jamais servi Ă copier-coller des bouts de normes ISO Ă 2h du matin.
La vraie surprise, ce nâest pas lâusage de ChatGPT.
đ Câest que certains dĂ©couvrent en 2025 que les cadres aussi travaillent avec des outils modernes.
đȘ Le vrai scandale : lâhypocrisie organisationnelle
Soyons honnĂȘtes deux minutes.
Dans 99 % des organisations :
- les Ă©quipes IT lâutilisent,
- les mĂ©tiers lâutilisent,
- les RSSI le testent âjuste pour voirâ,
- les dirigeants demandent des synthĂšses ârapidesâ produites⊠par magie.
Mais officiellement ?
âLâIA nâest pas autorisĂ©e.â
Traduction :
âOn ne sait pas quoi en faire, donc on fait semblant quâelle nâexiste pas.â
Et quand un responsable assume publiquement lâusage ?
đ„ Scandale.
Ce nâest pas un problĂšme de sĂ©curitĂ©.
Câest un problĂšme de maturitĂ©.
đ Lâoutil nâest pas le risque (spoiler : jamais)
Rappel fondamental de cybersécurité, niveau débutant mais visiblement encore utile :
Un outil nâest ni sĂ©curisĂ© ni dangereux par nature.
Câest lâusage, le cadre et le contrĂŽle qui comptent.
ChatGPT peut ĂȘtre :
- un aide-mémoire,
- un outil de structuration,
- un accélérateur de réflexion,
- un assistant rédactionnel.
Le danger nâest pas de lâutiliser.
Le danger, câest :
- dây coller des donnĂ©es sensibles,
- de lui déléguer une décision,
- de publier sans relecture,
- de ne pas tracer les usages.
Bref : exactement les mĂȘmes erreurs quâavec le cloud, le SaaS, ou Excel.
𧯠Gouvernance absente, indignation présente
Ce que cette affaire rĂ©vĂšle surtout, câest lâabsence criante de :
- politiques IA claires,
- cadres dâusage,
- chartes internes,
- sensibilisation des décideurs.
On préfÚre :
- réagir aprÚs coup,
- chercher un coupable,
- faire de la communication défensive.
Alors que la vraie question devrait ĂȘtre :
âQuels usages sont autorisĂ©s, encadrĂ©s, auditables, assumĂ©s ?â
Mais ça, câest moins vendeur quâun pseudo-scandale.
đ§© ChatGPT comme miroir des organisations
ChatGPT agit comme un révélateur brutal :
- des organisations qui pilotent par la peur,
- des managers qui confondent contrĂŽle et interdiction,
- des DSI qui courent aprĂšs les usages au lieu de les structurer.
Et surtout, il révÚle une chose essentielle :
đ La cybersĂ©curitĂ© reste trop souvent rĂ©active, jamais stratĂ©gique.
đŻ Conclusion : ce nâest pas une blague, câest un symptĂŽme
Non, le chef de la CISA nâa rien fait dâextraordinaire.
Oui, lâemballement mĂ©diatique est disproportionnĂ©.
Et non, ChatGPT nâest ni le diable, ni le sauveur.
La vraie leçon est simple :
Si lâusage dâun outil banal dĂ©clenche une crise,
câest que lâorganisation nâĂ©tait pas prĂȘte.
Et ça, ce nâest pas drĂŽle.
Mais la façon dont on feint de le découvrir ?
đ LĂ , franchement⊠on se rĂ©gale.
