Le paysage des ransomwares en 2025 ne ressemble plus Ă un western spaghetti avec ses gros gangsters aux rançons millionnaires. Non. Aujourdâhui, on est plus dans une guĂ©rilla sournoise, rapide, et parfois sacrĂ©ment vicieuse. Spoiler : si tu nâas pas de plan de crise testĂ©, tu fais dĂ©jĂ partie des cibles faciles.
đș Des mafias dĂ©membrĂ©es⊠mais la menace mute
Les gĂ©ants du ransomware comme LockBit, BlackCat et BlackBasta ont pris cher en 2024 et dĂ©but 2025. OpĂ©rations « Cronos », « Duck Hunt », Europol, FBI… les gros poissons ont Ă©tĂ© saignĂ©s. Champagne ? Pas trop vite.
đĄ En rĂ©alitĂ©, cette pression a fait Ă©clater les groupes. Place dĂ©sormais Ă une dispersion des attaquants : petits groupes agiles, loups solitaires, sous-traitance de malwares en mode SaaS. Les cibles ? Les PME et collectivitĂ©s, moins protĂ©gĂ©es, plus vulnĂ©rables, et avec peu de communication de crise.
⥠2025 : lâattaque flash devient la norme
Les statistiques le confirment : le dwell time (temps entre lâintrusion et lâimpact) est dĂ©sormais souvent infĂ©rieur Ă 24h. En clair : tu te fais compromettre pendant la nuit, Ă 6h ton serveur est chiffrĂ©, Ă 9h tâas un fichier READ_ME.txt sur ton bureau.
đExemple rĂ©el : En mai 2025, un hĂŽpital canadien sâest vu exfiltrer 7 To de donnĂ©es patientes en 11h aprĂšs lâintrusion. Le groupe a exigĂ© 2 millions $ pour ne pas publier les clichĂ©s IRM et les adresses mails des chirurgiens. Double extorsion bien sale.
đž Moins de rançons payĂ©es ? Pas si vite, cowboy…
Une bonne nouvelle : selon Chainalysis, les paiements de rançons ont chuté de 38 % au premier semestre 2025.
Mais ce nâest pas un happy ending.
đ Pourquoi ?
- Les assurances cyber ne remboursent plus les rançons.
- Les DSI commencent à dire « non ».
- Les entreprises préfÚrent restaurer grùce à des backups solides (quand ils fonctionnent).
â ïž Exemple rĂ©vĂ©lateur : Une PME française, fiĂšre de ses sauvegardes, refuse de payer. Elle restaure. Tout va bien⊠jusquâĂ ce quâun autre ransomware frappe trois semaines plus tard. La backdoor Ă©tait dans la sauvegarde. RĂ©sultat : 2 attaques, 0 leçon apprise.
đ Le vrai nerf de la guerre : la sauvegarde anti-cinglĂ©e
Les cybercriminels le savent : ton seul parachute, câest ton backup.
đŻ RĂ©sultat ?
- 58 % des attaques ciblent dâabord les sauvegardes (source : Veeam 2025).
- Recherches automatisĂ©es de dĂ©pĂŽts NAS, fichiersÂ
.bkf, accĂšs Ă Veeam ou VMS.
đĄïž Ce quâil faut ?
- Backups immuables (WORM, cloud air-gapped, S3 object lockâŠ)
- Test mensuel de restauration
- Sandbox de vĂ©rification (non, restaurer « en prod » nâest PAS un test)
đ Playbook ou panique gĂ©nĂ©rale ? Ă toi de choisir
Quand lâattaque arrive, câest trop tard pour improviser.
Un bon playbook ransomware, câest :
- Un plan de contenion
- Un processus de prise de décision (payer ou pas ? qui décide ?)
- Un protocole de communication interne et externe
- Des contacts dâurgence (CERT, CNIL, RSSI, avocatâŠ)
đ Cas rĂ©el : Une collectivitĂ© territoriale attaquĂ©e en juin 2025. Aucun plan. Les mails entre agents partaient⊠sur WhatsApp. RĂ©sultat : donnĂ©es en fuite, panique Ă bord, et pas de justification en cas de contrĂŽle.
âïž Payer une rançon ? Juridiquement explosif
Les temps changent. Payer une rançon nâest plus juste « coĂ»teux », câest lĂ©galement risquĂ©.
đŁ Avec le Counter Ransomware Initiative (CRI), plusieurs Ătats imposent des sanctions si l’on paie un groupe listĂ© comme entitĂ© terroriste. Et la liste sâallonge…
𧚠Exemple : Une entreprise allemande a versé 180 000 ⏠à un groupe affilié à BlackSuit⊠listé deux semaines plus tÎt comme groupe terroriste. Elle a reçu un courrier du régulateur. Résultat : double peine. Belle ambiance.
Voir nos articles :
Ransomware : faut-il payer ou prier trĂšs fort ?
đ„ RUKU Tore + TĂŒren â Quand un fabricant centenaire se fait plier par un ransomware
đ„ Pansard & AssociĂ©s : Quand un cabinet dâaudit se fait auditer par Medusa⊠à sa façon
đ§ Lâhumain, le maillon critique (toujours)
On parle trop souvent dâoutils, jamais assez de rĂ©flexes.
Les organisations qui sâen sortent bien en 2025 ont :
- Formé leurs équipes à  la communication de crise
- Simulé des attaques
- Un RSSI identifié comme pilote de la cellule de réponse
- Un avocat formé à la cybersécurité, pas juste à la propriété intellectuelle
â Exemple positif : Une ETI industrielle, attaquĂ©e dĂ©but avril, a mobilisĂ© en 2h une task force dĂ©jĂ prĂ©parĂ©e. GrĂące Ă trois exercices menĂ©s en 2024, elle a contenu lâattaque, restaurĂ© en 9h, et gardĂ© son image intacte.
đ° Un budget en hausse⊠mais toujours dĂ©sĂ©quilibrĂ©
Bonne nouvelle : les budgets cybersécurité explosent. Mauvaise nouvelle : la récupération reste sous-financée.
đ 80 % des budgets vont Ă :
- Détection (SOC, EDR, SIEM)
- Prévention (MFA, VPN, microsegmentation)
Mais la capacitĂ© de restauration, le PRA, le test de rĂ©silience ? Trop souvent relĂ©guĂ©s Ă l’Excel du DSI.
đ Recommandation rĂ©aliste :
- 40 % prévention
- 30 % détection
- 30 % récupération
đ La vraie rĂ©silience : une discipline, pas une mode
Les survivants 2025 partagent des caractéristiques communes :
- Ne paient pas.
- Ont des backups testés.
- Simulent des attaques.
- Ăduquent les Ă©quipes (phishing, MFA, shadow IT, bonnes pratiques).
- IntÚgrent la cybersécurité au quotidien, pas juste à la une du journal interne.
đŻ Exemple inspirant : Une usine agroalimentaire attaquĂ©e le 3 janvier. Reprise en 8h. Pourquoi ? Parce quâils testent leur PRA tous les lundis, sans exception. Oui, mĂȘme Ă lâĂpiphanie. Le directeur IT cite fiĂšrement : « Câest notre habitude, pas notre rĂ©ponse. »
đ§Ż En conclusion : il ne sâagit plus de si, mais de quand
đŁïž « On nâest pas une cible » ? Faux.
đŁïž « On nâa pas le temps de tester nos sauvegardes » ? Re-faux.
đŁïž « On paiera si on se fait attaquer » ? Mauvais plan.
En 2025, la cyber rĂ©silience, ce nâest pas du luxe. Câest une exigence de survie.
Alors, choisis ton camp :
â ïž Victime surprise ou
đĄïž Survivant disciplinĂ© ?
