🎯BEAM – L’outil open source qui traque les attaques supply chain dans vos flux rĂ©seau

🚹 Quand le rĂ©seau devient un dĂ©tective

BEAM – Les attaques de type supply chain sont aujourd’hui parmi les plus redoutĂ©es. Elles consistent Ă  compromettre un logiciel ou un service lĂ©gitime avant qu’il n’atteigne l’utilisateur final. RĂ©sultat : un outil de confiance devient un cheval de Troie.
L’exemple le plus marquant reste SolarWinds (2020), oĂč une mise Ă  jour piĂ©gĂ©e d’un logiciel d’administration a permis Ă  des attaquants de pĂ©nĂ©trer dans des milliers d’organisations, y compris gouvernementales.

Dans ce genre de scĂ©nario, les antivirus et les EDR traditionnels passent souvent Ă  cĂŽtĂ© : le logiciel compromis est signĂ©, reconnu, et son comportement paraĂźt lĂ©gitime
 sauf si l’on sait exactement quoi chercher.
C’est lĂ  qu’entre en jeu BEAM (Behavioral Evidence Analysis of Metadata), le nouvel outil open source dĂ©veloppĂ© par Netskope Threat Labs.


đŸ§© BEAM en bref

BEAM est conçu pour dĂ©tecter les anomalies dans le trafic rĂ©seau d’applications de confiance.
Sa particularité ?

  • Aucun agent Ă  dĂ©ployer sur les endpoints : il se base sur le trafic que vous capturez dĂ©jĂ  via vos Ă©quipements rĂ©seau.
  • Machine learning et analyse comportementale : il repĂšre les petites diffĂ©rences entre un trafic “sain” et un trafic “compromis”.
  • Open source : disponible sur GitHub, avec donnĂ©es d’exemple et modĂšles prĂȘts Ă  l’emploi.

🔍 Comment ça fonctionne ?

1ïžâƒŁ Identification des applications

BEAM commence par analyser les User-Agent strings prĂ©sentes dans le trafic HTTP/HTTPS, ces petites signatures qui indiquent quelle application ou quel navigateur Ă©met la requĂȘte.
➡ Exemple : un client Slack officiel aura une empreinte prĂ©cise, qu’on peut reconnaĂźtre.

2ïžâƒŁ Profilage comportemental

Ensuite, BEAM extrait plus de 180 indicateurs pour chaque flux :

  • Comportementaux : volume, frĂ©quence, sĂ©quences de requĂȘtes.
  • Temporels : horaires inhabituels, pics d’activitĂ© nocturnes.
  • RĂ©seau : adresses IP contactĂ©es, gĂ©olocalisation, protocole utilisĂ©.

3ïžâƒŁ Machine Learning

Les modĂšles prĂ©-entraĂźnĂ©s de BEAM comparent le trafic observĂ© Ă  un profil “normal” de l’application.
Si des divergences apparaissent (nouveaux domaines, horaires suspects, volumes anormaux
), l’alerte est dĂ©clenchĂ©e.

4ïžâƒŁ ModĂšles prĂȘts Ă  l’emploi et sur mesure

  • BEAM inclut dĂ©jĂ  des modĂšles pour Asana, Box, Canva, Slack, Spotify, etc.
  • Pour vos applications internes, vous pouvez crĂ©er un modĂšle personnalisĂ© en mode non supervisĂ©, Ă  condition de capturer assez de trafic “normal” pour Ă©tablir une rĂ©fĂ©rence fiable.

🎯 Pourquoi c’est un game changer ?

✅ Pas d’impact sur les postes

L’absence d’agent Ă©vite les problĂšmes de compatibilitĂ©, de performance et de dĂ©ploiement massif.

✅ DĂ©tection avancĂ©e de comportements anormaux

Un logiciel compromis peut continuer Ă  fonctionner normalement
 tout en communiquant avec un serveur de commande. BEAM voit ces Ă©carts invisibles Ă  l’Ɠil nu.

✅ Adaptable à tout environnement

Tant que vous avez un accĂšs aux journaux rĂ©seau (proxy, firewall, NetFlow
), vous pouvez l’utiliser.

✅ EfficacitĂ© validĂ©e

Lors d’un exercice Red Team, BEAM a identifiĂ© des applications compromises avec 94% de probabilitĂ© – un score impressionnant dans le monde de la dĂ©tection comportementale.


📌 Exemple concret : Slack compromis

  1. Une entreprise utilise Slack pour sa communication interne.
  2. L’attaquant injecte un malware dans le client Slack d’un employĂ© via une mise Ă  jour piĂ©gĂ©e.
  3. L’application continue Ă  fonctionner normalement, mais envoie en parallĂšle des donnĂ©es vers un domaine inconnu hĂ©bergĂ© en Russie.
  4. BEAM, grùce à son modÚle Slack, détecte que :
    • Le domaine n’est pas dans la liste habituelle des serveurs Slack.
    • Le volume de donnĂ©es sortant est inhabituel.
    • L’activitĂ© se produit Ă  3h du matin, en dehors des schĂ©mas de l’entreprise.
  5. L’alerte remonte au SOC, qui isole le poste et dĂ©marre l’enquĂȘte.

⚠ Limites et points de vigilance

  • DĂ©pendance aux donnĂ©es rĂ©seau disponibles : si votre collecte est incomplĂšte ou filtrĂ©e, la visibilitĂ© diminue.
  • Courbe d’apprentissage pour les modĂšles sur mesure : il faut du trafic “propre” pour entraĂźner un profil fiable.
  • Pas un remplacement, mais un complĂ©ment aux solutions EDR/NDR : BEAM couvre un angle prĂ©cis (supply chain & anomalies applicatives).

🔼 Et aprùs ?

BEAM s’inscrit dans une tendance plus large : la dĂ©tection sans agent, basĂ©e sur l’IA et l’analyse comportementale.
Avec l’augmentation des risques supply chain et l’essor des SaaS, ce type d’outil deviendra crucial pour complĂ©ter les SIEM/SOAR et renforcer les capacitĂ©s de Threat Hunting.

Netskope publie Ă©galement le code et les donnĂ©es d’exemple sur GitHub, encourageant la communautĂ© Ă  crĂ©er et partager de nouveaux modĂšles, Ă©largissant ainsi la couverture Ă  d’autres applications critiques.


🏁 Conclusion – Ne jamais faire confiance aveuglĂ©ment

Les supply chain attacks exploitent notre confiance dans des outils familiers. BEAM rappelle qu’en cybersĂ©curitĂ©, la confiance doit toujours ĂȘtre vĂ©rifiĂ©e.
En donnant aux Ă©quipes sĂ©curitĂ© la capacitĂ© de dĂ©tecter les anomalies invisibles dans des applications pourtant “blanches”, BEAM ajoute une couche de dĂ©fense prĂ©cieuse, sans alourdir les endpoints.

Comme SolarWinds nous l’a appris, la menace peut dĂ©jĂ  ĂȘtre Ă  l’intĂ©rieur. Avec BEAM, vous avez un projecteur braquĂ© sur ces comportements furtifs
 et peut-ĂȘtre la chance de couper l’attaque avant qu’elle ne devienne un dĂ©sastre.


đŸ’Ÿ Ressources :

🎯BEAM – L’outil open source qui traque les attaques supply chain dans vos flux rĂ©seau
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