🔥 RUKU Tore + Türen – Quand un fabricant centenaire se fait plier par un ransomware

160 ans d’histoire, de tradition, de savoir-faire artisanal, de passion du bois. Et pouf, tout ça compromis en un clic malheureux ou une mise Ă  jour oubliĂ©e. Le groupe RUKU Tore + TĂĽren GmbH, fleuron allemand de la fabrication de portes haut de gamme, vient d’entrer dans le triste club des entreprises affichĂ©es sur le Wall of Shame du dark web. C’est le groupe de ransomware Global qui revendique l’exploit : une exfiltration de donnĂ©es et une compromission sans bruit, mais pas sans consĂ©quences.


🪓 Artisanat contre cybercriminalité : devinez qui gagne ?

Quand on pense à une entreprise comme RUKU, on imagine des menuisiers experts, des machines de précision, des finitions impeccables. Ce qu’on imagine moins, ce sont des sauvegardes chiffrées par des cybercriminels russophones, ou des plans de portes d’entrée haut de gamme téléversés sur un serveur d’extorsion.

Et pourtant, c’est bien ce qui se passe ici. L’entreprise aurait Ă©tĂ© attaquĂ©e rĂ©cemment, et le groupe Global â€“ un habituĂ© des attaques chirurgicales sur des structures industrielles – a fièrement affichĂ© RUKU Tore + TĂĽren sur son blog du dark web. Ă€ la clĂ© : une potentielle fuite de donnĂ©es internes, commerciales, techniques, RH… tout ce qui pouvait avoir de la valeur, ou faire pression.


💰 Une rançon ou la ruine

Aucune somme n’a encore été officiellement évoquée, mais le mode opératoire est bien connu. Les assaillants chiffrent les données de l’entreprise, exfiltrent les documents critiques, puis menacent de publier tout ça s’ils ne reçoivent pas un joli virement crypto. Ce qu’on appelle le double chantage. Et parfois, pour les plus joueurs, le triple : divulgation + DoS si ça ne bouge pas vite.

On ignore à cette heure si RUKU a payé, négocié, ou ignoré. Mais soyons clairs : même en cas de paiement, les données restent souvent quelque part dans la nature, prêtes à ressortir six mois plus tard sur un autre forum. L’honneur est sauf, mais la sécurité, elle, est morte.


🧨 Un scénario bien trop classique

Ce qui rend cette attaque affligeante, ce n’est pas tant qu’elle ait eu lieu. C’est qu’elle ait encore lieu en 2025. Après WannaCry, NotPetya, Colonial Pipeline, les hĂ´pitaux paralysĂ©s, les Ă©coles rançonnĂ©es, les petites mairies Ă  genoux… il reste des entreprises industrielles qui ne segmentent pas leur rĂ©seau, qui exposent des services obsolètes, ou qui n’ont ni EDR, ni plan de rĂ©ponse Ă  incident clair.

RUKU n’est pas une startup désorganisée. C’est une structure robuste, reconnue, exportatrice. Et pourtant, la cybersécurité semble être restée bloquée à l’ère du fax et du mot de passe “Ruku2020”.

Voir notre article : Ransomware : faut-il payer ou prier très fort ?


📉 Impacts industriels en cascade

Que va-t-il se passer ensuite ? Voici les conséquences possibles :

  • Production ralentie ou stoppĂ©e si les plans, nomenclatures ou chaĂ®nes de commande sont touchĂ©s ;
  • Clients mĂ©fiants s’ils apprennent que leurs donnĂ©es ou schĂ©mas ont fuitĂ© ;
  • Dommages rĂ©putationnels sur un marchĂ© oĂą la confiance et le savoir-faire sont tout ;
  • Amendes potentielles si des donnĂ©es personnelles Ă©taient concernĂ©es et que le RGPD est appliquĂ©.

Et bien sĂ»r, tout ça, sans compter le coĂ»t de l’investigation, de la reconstruction IT, du silence des assureurs, et des heures perdues Ă  Ă©teindre l’incendie.


🤡 Leçon non apprise #785

Ce cas RUKU, c’est un nouveau rappel brutal : l’artisanat n’est pas une excuse pour nĂ©gliger la cybersĂ©curitĂ©. On peut aimer le bois noble, les finitions parfaites, la tradition allemande… mais si l’AD est exposĂ©, que les NAS sont accessibles Ă  distance sans MFA, ou qu’on ne patch pas ses ESXi, ça ne pardonne pas.

Ă€ l’heure oĂą mĂŞme les PME sont des cibles de choix, la sĂ©curitĂ© n’est plus un “bonus”, mais un prĂ©requis vital. Le groupe Global l’a bien compris : moins de bruit, plus de profit, et des victimes qui se taisent pour ne pas froisser leur image.


🛡️ Et maintenant ?

Si vous ĂŞtes une entreprise industrielle :

  • Faites auditer votre SI, mĂŞme si vous pensez ĂŞtre “petit” ;
  • Sensibilisez tous vos collaborateurs, surtout ceux qui reçoivent des pièces jointes de clients ou fournisseurs ;
  • Mettez en place une vraie politique de sauvegarde (3–2–1, hors ligne, testĂ©e) ;
  • Coupez les accès inutiles, segmentez, durcissez vos machines, fermez RDP Ă  tout va.

Et surtout : ne soyez pas les prochains sur le mur.


RUKU, on vous souhaite bonne chance. Et aux autres : inspirez-vous, ne les imitez pas.

🔥 RUKU Tore + Türen – Quand un fabricant centenaire se fait plier par un ransomware
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🖋️ Publié sur SecuSlice.com

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